Victoria et les Patriotes

Ça veut dire quoi ce lundi férié de mai dans ma réalité de néocoasteuse?

Que c’est pas un luxe de faire changer ses pneus dans 2 jours? Que bientôt, d’autres personnes que des ados cools seront confortables de se promener en shorts? Que c’est le temps de faire les 14 réservations restantes pour semiboucler les vacances d’été?

Tout ça, mais aussi, à chaque mai depuis que je vis en Basse-Côte, ça veut dire une réflexion sur la culture.

Mon chez-moi, pas mal anglobilingue, en mai (photo prise le 11 ceci dit, pas aujourd’hui!)

Plusieurs lieux publics sont fermés aujourd’hui…pourquoi au juste?
Au Québec, depuis 20 ans, c’est pour la fête des Patriotes.
Au Canada, c’est Victoria Day, ou la fête de la Reine.

Chez moi, c’est… ça dépend des commerces et lieux publics concernés. La plupart donnent leur horaire pour Victoria Day, certains écrivent Fête des Patriotes, ou juste la date parce qu’ils seraient probablement obligés d’écrire Fête des Patriotes, mais la culture locale, c’est pas ça. Mention spéciale à un commerce local qui a fait son annonce dans les deux langues en disant Victoria Day en anglais et Fête des Patriotes en français!

Je me rappelle avoir quelques fois répondu être une canadienne de culture québécoise dans des discussions sur mes origines (et mon accent!) lors de voyages à l’étranger il y a plusieurs années. C’était comme un réflexe, sans vraiment y avoir réfléchi, qui considérait à la fois que mon interlocuteur connaissait surtout le Canada, mais que mes références et ma langue étaient pas la même que celles de son cousin qui vit à Calgary.

Je pense que je commence à comprendre ce qu’est la culture depuis que j’habite en Basse-Côte. Quand je suis loin, je précise maintenant souvent que j’habite au English Quebec, parce que c’est ça, mon chez-nous actuel, les pieds et la tête au Québec et la langue et le cœur à Terre-Neuve.

Un jour, quand j’habitais dans un village anglophone de la Basse-Côte, j’étais dans un village francophone pour le travail quand une enseignante à fait une blague de François Pérusse à sa collègue…

J’ai. Eu. Une. Émotion.

À peu près l’effet que ça me fait d’écouter un spectacle de musique ou une pièce de théâtre et d’avoir l’impression que mes oreilles font un zoom in sur la bouche des gens sur scène qui parlent comme moi. Ce feeling de regarder du Tremblay il y a 50 ans, j’imagine, quand tout ce qu’on t’offrait avant c’étaient des classiques français. Le reste, on le comprend, ça nous rejoint de façon fonctionnelle, mais pas émotive.

En 2 ans à St-Augustin, j’avais souvent partagé que je me trouvais comme beige en vivant dans ma langue de travail, pour le manque d’humour, le manque de référence commune, même si j’étais dans ma région natale. J’avais eu un choc culturel le 11 novembre. J’étais étonnée quand personne ne commentait un scandale de vedettes le lendemain d’un gala télévisé ou quand une collègue bilingue de mon âge ne connaissait pas Passe-Partout. Je n’avais jamais entendu parler de la fête du 100e jour d’école ou de l’importance du valedictorian à la graduation. J’avais très peu de gens avec qui faire des blagues de François Pérusse! (Tsé heeeeiiinnn?! You don’t like clementines ou alors press reset or try to whistle like an idiot! – ben non, ça marche jamais ça!)

Bon congé! Happy holiday!

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