Plus qu’une chute

Après le Vieux-Québec, la Chute Montmorency est le lieu où je me retrouve le plus souvent avec les touristes. Avant d’y travailler, je l’avais souvent vue en passant devant, mais sans jamais vraiment me demander s’il y avait déjà eu autre chose que beaucoup d’eau! Depuis environ un an, je guide des visites du Parc de la Chute Montmorency et j’y anime des activités pour les groupes scolaires. J’ai donc décidé de vous partager quelques-unes des informations sur l’histoire de la chute.

Déjà lorsque Samuel de Champlain est arrivé dans le coin, il a nommé l’endroit Sault de Montmorency, en l’honneur d’un amiral français. La chute mesure 83 mètres de haut, soit environ 30 mètres de plus que les Chutes Niagara! Bien que son débit varie selon le moment de l’année, la moyenne est de 35 000 litres d’eau à la seconde qui coulent dans la chute!

Le manoir au sommet a été construit en 1780 par le gouverneur de la Province of Quebec, Frederick Haldimand, qui y demeura à peine 4 ans. L’autre personnalité marquante ayant habité au Manoir Montmorency est le Duc de Kent, mieux connu sous le nom de Prince Edouard, qui est resté seulement trois ans au Manoir. C’est là qu’il a connu son amoureuse Julie Saint-Laurent, avec qui il a été pendant 27 années, avant de devoir la quitter pour retourner en Europe assurer la descendance royale. Il est alors devenu père de celle qui deviendra la Reine Victoria, mais il est mort alors que sa fille n’avait qu’un an. À l’intérieur du manoir où ont vécu ces deux hommes, on retrouve aujourd’hui un centre d’interprétation qui nous explique tout ce que la chute a vu dans les derniers siècles. Ça vaut la peine d’aller y jeter un coup d’oeil, d’abord parce que c’est gratuit et aussi parce que rien nous dit qu’il y a eu autre chose lorsqu’on regarde le stationnement et le gazon qui l’entoure!

En plus du parc d’amusement, qui était gratuit pour ceux qui arrivaient de Québec en tramway, le début du 20e siècle a été l’époque du zoo à côté du Manoir Montmorency. Au début de la décennie 1930, le zoo a fermé et les animaux ont été transférés au zoo d’Orsainville et à l’Aquarium de Québec. Un terrain de golf a aussi été sur ces mêmes lieux, dont profitaient les clients du Kent hotel. Au bas de la chute, certains d’entre vous se souviendront probablement de la Dominion Textile, usine qui a fonctionné pendant près de 100 ans, avant d’être détruite au milieu des années 1980.

Des événements majeurs de notre histoire ont aussi eu lieu dans ce coin. D’abord le 31 juillet 1759, les troupes anglaises du général Wolfe abandonnaient après quelques heures lors de la bataille de Montmorency, pour ainsi donner la victoire aux français. Puis en 1885, pour la première fois dans le monde, on transportait de l’hydroélectricité, de la centrale hydroélectrique de la chute, jusqu’à la Terrasse Dufferin, quelques 12 kilomètres plus loin.

Cet été, vous pouvez y aller pour profiter des feux d’artifice, du théâtre d’été, de la vue sur l’île d’Orléans ou simplement apporter pique-nique et appareil photo et aller vous faire arroser dans les quelques 400 marches qui gravissent la falaise. En plus, il est maintenant possible de s’y rendre du centre-ville en métrobus 800. En passant, j’ai volontairement gardé ce billet sans photo, parce qu’une chute ça ne se regarde pas sur une carte postale, ça se voit, ça s’entend et ça se sent par les gouttelettes qu’on reçoit.

Ah et évidemment il y a la légende de la Dame Blanche en lien avec la chute Montmorency, mais je ne vous la raconterai pas ici. Si vous voulez l’entendre, passez près du pont les fins de semaine de l’été pour entendre cette histoire racontée par… la principale intéressée!

Chutement vôtre,
Sarah sans passeport
Publicités

2 réflexions sur “Plus qu’une chute

  1. Excellent article Salah. Côté comérage, je n'en reviens pas qu'un roi d'Angleterre ait eu une liason avec une canadienne. Est-ce que l'histoire dit si Mme Saint-Laurent a eu des enfants du duc de Kent? 27 ans, c'est tout un bail dans la vie d'une femme qu'en même! Patsy

  2. Je ne suis pas certaine de la réponse, mais de ce que j'ai entendu/lu, officiellement ils n'ont pas eu d'enfant, mais des rumeurs disent que le duc de Kent aurait des descendants canadiens! Faut croire que le potinage était à la mode même au 18e siècle!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s